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28-01-2012 : Assemblée Générale de la Société Philomatique Vosgienne
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29-01-2012 : Conférences clôturales de l'exposition "L'enfant, la guerre"
Abri-Mémoire à Uffholtz (67)
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01-03-2012 : Salon international du livre
Tour & Taxis à Bruxelles
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L'édito d'EDHISTO de janvier 2012

Le chiffre de l’année : 14 443
 
Nous ne l’avions pas auguré mais, à la veille de sa 6ème année d’existence, le bilan d’une 2011 riche d’évènements d’EDHISTO est excellent et sa santé financière bonne. Super, bravo, mais « et alors » me direz-vous ? Alors, nous voulions remercier tous ceux qui, en ce début d’année finie, nous ont souhaité une bonne, belle et heureuse année 2011. Et oui, à bien y réfléchir, on ne remercie jamais ceux qui, sincèrement ou par tradition, ont eu le nez creux et le souhait opportun. Alors, parce que 2012 fut une très bonne année, MERCI à tous ceux qui y ont contribué ; auteurs, maquettiste, façonniers, cerveaux et petites mains, mais également et surtout à vous, lecteurs, bouts de chaîne sans qui rien n’est utile. Nous tirerons les bilans un autre jour mais d’ores et déjà, cette année a été celle qui a vu se poursuivre une collection qui nous est apparue indispensable pour la culture lorraine ; « la Lorraine et ses voisins », actes de colloque annuel, anciennement publiés sous l’égide des Annales de l’Est et reprise par EDHISTO pour le Comité d’Histoire Régionale du Conseil Régional de Lorraine. Là aussi, que les petites mains et l’animateur général du CHR, plus efficaces les unes que l'autre, en soient vivement remerciés pour leur confiance et leur efficacité.
Et le chiffre de l’année alors ? Et bien c’est le nombre de visiteurs qui se sont rendus en 2011 sur le site d’EDHISTO. Visiteurs furtifs ou scrutateurs zélés, nous remercions tous les chercheurs, étudiant(e)s, amateurs d’histoire, généalogistes, curieux, zélateurs comme contempteurs (muets), qui ont passé quelques secondes à quelques minutes sur le site et qui parfois, ont contribué à ce que chaque livre acquis concourt à faire aboutir les « à paraître ».
Donc, en cette nouvelle année qui débute, en contradiction avec les déclinologues de tous poils, les climathophobes de l’avenir, les réussitopathes craintifs et même les Incas disparus millénaristes, nous l’affirmons, 2012 sera une très belle année.
Bonne année à tous, devant un livre d’EDHISTO.

L’édito d’EDHISTO de septembre 

  
Combler les vides ; une marque de fabrique !

Cela ne date pas d’hier ; quelques titres d’EDHISTO (édition ou diffusion) l’ont démontré depuis déjà plusieurs années. La publication du « Guide des sources de la Grande Guerre dans le département des Vosges » (auxquels les historiens d’EDHISTO ont contribué), fut la première publication de ce type en France (elle fut d’ailleurs suivie huit mois tard par le département du Nord, qui n’a pas eu l’élémentaire correction de signaler l’existence de sa grande sœur !). Dans le prolongement, les actes du colloque de « La Grande Guerre dans les Vosges » rappellent que l’ouvrage présente les contributions du premier colloque sur la guerre de 14-18 dans les Vosges depuis… 1918 ! Nicolas Haxo, illustre fondateur du département des Vosges, l’un des seuls généraux révolutionnaires morts en soldat aux trousses de Charette dans la guerre de Vendée, a attendu 260 années avant de bénéficier d’une biographie « Edhistienne » qui lui redonna sa légitime place dans l’Histoire. Plus récemment, le journal de guerre de Clémence Martin-Froment, « L’Ecrivain de Lubine », a été une double première : le premier journal de guerre de femme publié dans les Vosges et surtout le premier livre sur l’épuration de la collaboration de la Grande Guerre. Certes, c’est un « mal » bien français que d’être « le premier à… » mais pour EDHISTO, le but n’est pas celui d’être le premier de la classe, mais celui de combler des manques éditoriaux. C’est une fausse découverte chez les historiens ; tout n’a pas été écrit, y compris sur des périodes ou des personnages pourtant gravés dans le marbre de l’Histoire. C’est le cas du général Pierre Thouvenot. Le général baron de l’Empire Pierre Thouvenot, né à Toul en 1757, est l’un des 660 gravés sur l’Arc de Triomphe de la capitale. Pourtant, aucune biographie digne de ce nom n’avait jamais été consacrée à ce grand serviteur de la Nation (quel que soit son régime). Thouvenot fait partie de ces personnages qui conjuguèrent l’histoire au romanesque ! Quel homme et quel voyage, à le suivre de la Guadeloupe à Saint-Domingue et de la Hollande à l’Espagne, débuté sous la monarchie, poursuivi sous la Révolution et terminé sous l’Empire On redécouvre à quel point ces bâtisseurs d’un monde politique nouveau étaient globe trotter. C’est bien une épopée que ce quart de siècle d’ondulations politiques (1789-1815) qui forgea le monde contemporain. Première biographie de l’illustre toulois ; c’est aussi la marque de fabrique des éditions EDHISTO. C’est déjà cela.

PS : Nous apprenons avec consternation la disparition du créateur et maître à travailler des éditions Stanislas, Michel de Paepe. Créée trois mois après EDHISTO, cette grande soeur alsaco-lorraine, au catalogue sans commune mesure, s'était installée de belle manière dans le paysage éditorial lorrain. Nous exprimons à sa famille, à ses collaborateurs et à ses auteurs nos sentiments les meilleurs.

 L’édito d’EDHISTO d''août  

  

 EDHISTO sous chapiteau !)

Pour changer, les bonnes nouvelles de la rentrée

La rentrée, littéraire s’entend, n’est pas seulement synonyme de galère « domestiscolaire ». Pour EDHISTO, la bonne nouvelle de la rentrée est sa participation à la première manifestation littéraire de Lorraine qu’est le « Livre sur la Place de Nancy » et sous le chapiteau s’il vous plait ! Nous l’avions dit (voir plus bas l’édito de mars), Nancy la Lorraine aime le livre, les libraires (certes), mais également les éditeurs. Car la présence d’EDHISTO au salon du livre de Nancy ne va pas de soi ; EDHISTO est une petite maison d’édition, à niche, implantée en région (certains diront au fond de la région), de catalogue éthique (mais volontaire) et dont les moyens sont limités (surtout ceux liés à la communication). C’est dire à Nancy, à côté des poids lourds de la com, au milieu des libraires qui tiennent la place, EDHISTO est heureuse d’apparaître. Pour le coup, plusieurs auteurs, briscards de la dédicace, seront présents derrière les « tables de souffrance », confrontés au flot mouvant, bruyant et aussi exigeant d’un public protéiforme, parfois avide, parfois critique, souvent déroutant. Jean-Claude Fombaron, Yannick Guillou, Daniel Thouvenot et Yann Prouillet, seront donc plongés dans ces tsunamis verbaux, quelques fois soliloquaux, mais qui sont aussi l’occasion d’échanges fructueux et propices à la connexion des passions. EDHISTO place Carrière, c’est donc chaque année pour EDHISTO un évènement dans l’évènement. Nous vous invitons donc nombreux à venir voir les dernières parutions d’EDHISTO, et notamment pour ce salon, un nouvel opus de l’épopée napoléonienne et lorraine. Le stand sera partenarial avec le Comité d’Histoire Régionale pour la présentation des actes 2009 des jounées d''études sur La Lorraine et ses voisns.

   

L’édito d’EDHISTO de juillet

 

Intéresser avec l’inintéressant : la démonstration vernaculaire !
 
La communauté de communes Fave et Meurthe, dans les Vosges, a entamé pendant plus de 2 ans une vaste opération de rénovation de son petit patrimoine ; bassins, calvaires, croix de chemins, ponceaux, tout ces petits monuments tellement dans notre champ de vision quotidien que l’on finit par ne plus les voir. Considérés par certains comme les marqueurs vintage d’un passé heureusement révolu, ils n’ont pas vergogne d’ôter ces verrues esthétiques, gênes à la modernité du monde pour des aménageurs ou édiles en mal de carrière d’architecte manquée. Vous savez, le syndrome « on rase tout ! » déjà entendu par ailleurs (dans la ville-centre-d’à-côté par exemple !). La com com donc a décidé de fêter son petit patrimoine et là, surprise, et de taille ! L’évènement, qui se voulait simple, ampleur (inter)communale, mais diversifié, s’est transformé en véritable succès populaire (à son échelle). En effet, le syndrome de la salle trop petite n’est pas si courant. Beaucoup d’organisateurs en parlent mais finalement peu en auraient vu ! Ce fut pourtant le cas les 18 et 19 juin du côté de la vallée de la Fave (Vosges) où un public nombreux et intéressé est venu voir le résultat de cette patiente attention au petit patrimoine vernaculaire d’une communauté de communes qui n’a investi ni son temps, ni l’argent des autres dans une opération creuse, inutile, confidentielle ou élitiste. Oh pour cela, voyez la ville-centre-d’à-côté mon bon monsieur ! Chaudes félicitations en tous cas à cette collectivité qui a su allier intelligence, compétence et ouverture d’esprit... Tiens, tiens, ne sont-ils pas les critères de la réussite, çà ?

L’édito d’EDHISTO de mai

Les Vosges au centre du Maelström qui se prépare
 
115 sur 750 * : C’est le nombre de Pôles d’Excellence Rurale, 2ème vague, déposés en octobre 2010 dans le cadre des projets d’aménagement du territoire. 115 ont été retenus (le 7 juillet). Tous portent sur des projets d''investissement qui favorisent l''activité économique ou l''offre de services dans les territoires ruraux concernés. Nous en avions parlé (voir l’édito d’avril), la Grande Guerre dans les Vosges fait l’objet (enfin) de toutes les attentions des décideurs locaux, régionaux et de l’Etat sur la base d’une spécificité (la guerre de montagne) où tout reste à écrire. L’obtention du PER « Tourisme de Mémoire 14-18 » sur l’ensemble du massif des Vosges n’est pas un aboutissement mais un commencement ; celui, volontariste, d’une catalyse de 9 projets de communautés de communes du massif, préparatoires au centenaire de la Grande Guerre. L’Etat a déjà acté ; 2015 sera l’année des Vosges. Sentiers de mémoire, centres d’Interprétation et reprises muséales, muséographiques et mémorielles des sites sont d’ores et déjà engagés. Le HWK fait figure de proue dans ce dossier, reléguant en deuxième ligne (pour l’instant) les autres sites haut-rhinois retenus. Dans le département des Vosges, trois communautés de communes semblent vouloir se disputer les honneurs du communiqué. Leurs projets, procédant d’une même volonté de rendre didactiques leurs impressionnantes traces de guerre, diffèrent uniquement dans la méthodologie employée. Bénéficiant du sérieux et du professionnalisme des acteurs déjà impliqués (qui comprennent les historiens), l’enjeu est de répondre aux critères affichés par le cahier des charges de ces Pôles, répondant à des enjeux majeurs dans les territoires ruraux : la valorisation et la gestion des bio-ressources, les services et l''accueil de nouvelles populations, les technologies au service des entreprises artisanales et industrielles et la promotion des richesses naturelles, culturelles et l''organisation du tourisme *. L’enjeu est plus profond que l’éclairage temporaire, limité au centenaire, de la richesse patrimoniale des anciens lieux de souffrance de la Grande Guerre dans le massif des Vosges ; il est d’installer une pérennité concourant à l’aménagement culturel et infrastructurel de nos territoires si riches d’une histoire dont toutes les trace se lisent encore si bien. « Grâce à ces pôles, les créations d''emplois directs ont pu être estimées entre 5 000 et 6 000 durant cette période » *, c’est le vœu que nous formulons également pour soutenir mais surtout cultiver les initiatives qui se préparent.
  

 L’édito d’EDHISTO d''avril

 
Un Pôle d'Excellence Rurale Tourisme de Mémoire 14-18 pour le massif des Vosges : un outil pour le centenaire ?

 

 

Ce ne sont pas moins de 9 communautés de communes représentant trois départements (Meurthe-et-Moselle, Vosges et Haut-Rhin) et deux régions (Lorraine et Alsace) qui se proposent de travailler ensemble à catalyser dans une politique cohérente et centralisée sur le plan de la communication, leurs initiatives préparatoire au centenaire de la Première guerre mondiale dans le massif des Vosges. Ce PER se veut représenter un atout pour la valorisation touristique et culturelle du Massif des Vosges et des sites de mémoire de 14-18, présents ou à venir dans leur aménagement didactique à visée touristique.et outil se propose ainsi de s''appuyer sur les ressources locales existantes, de mutualiser différentes stratégies touristiques territoriales en vue de favoriser une activité économique et touristique pérenne et contribuer à la création d’emplois directs et induits. Le cahier des charges d’une mise en tourisme de mémoire du Massif des Vosges prévoit en outre de concilier ce développement économique avec la préservation des paysages et d’un environnement de qualité (deux Parcs naturels régionaux, plusieurs sites Natura 2000 et des Réserves Naturelles…). Voilà un ambitieux programme dans lequel d''aucuns vont s''attacher à ne pas laisser dans l''ombre l''historicité, la scientificité et l''authenticité préservée de l''Histoire européenne de ces lieux de Mémoire.

L’édito d’EDHISTO de mars  

Napoléon a toujours raison
 
Source site de l''ADILL (adill.fr) reprise par Vosges Matin du 12 mars 2011
 
Napoléon en effet a encore raison quand il assure qu''un petit croquis vaut mieux qu''un long discours. Auteurs et éditeurs sont pour le coup dans cette affaire systématiquement dans le même bain. Ce bain, que dire, ce marigot, est celui de la préférence nationale à l''encrage local ou régional, autrement qualifié de "parisiannisme". Si Metz vient d''être épinglée de belle manière par Xavier Frère dans Vosges Matin du 12 mars dernier, il ne "révèle" qu''en dehors des cercles littéraires, que certains organisateurs de salons privilégient les grandes (!) plumes parisiennes en excluant les auteurs dits "locaux". Dès lors, le régionnalisme, qui intéresse pourtant autant les lecteurs que les grandes plumes nationales, qu''elles viennent voir par curiosité si ce n''est par circophilie, se mue en "pouilleux de Lorrains". Xavier Frère évoque "que cette attitude en revient à (...) fragiliser les petites maisons d''édition lorraines". EDHISTO ne se sent pas concernée ; trop sud lorraine, elle n''est pas référencée comme maison d''édition par l''Eté du Livre (alors qu''elle est présente dépuis le début au Livre sur la Place de Nancy). Alors, en est-il dans le milieu des salons du livres comme dans le milieu des chasseurs ? Y a-t-il les bons salons du livre et les mauvais salons du livre ? Il y a en tous cas des organisateurs ouverts et des organisateurs over ! C''est au lecteur de faire le bon choix car finalement, tout ce bruit n'est que pour lui. 
 
L’édito d’EDHISTO de février
 
EDHISTO en terre belge
 
Stand d''EDHISTO à la FDL de Bruxelles, rehaussé de la charmante présence de la plus Vosgophile des auteures belges : Laurence Vanhaeren
Cliché Laurence Vanhaeren (www.laudelavallee.com)

 

C'est la deuxième année de participation d'EDHISTO à la Foire du Livre de Bruxelles grâce au soutien du Centre Régional du Livre et du Conseil Régional de Lorraine. Cinq éditeurs étaient présents du 16 au 21 février dans cette gigantesque manifestation littéraire francophone dans la cosmopolite capitale belge. Jugez-en : 70 000 visiteurs, 1 350 éditeurs représentés, 800 auteurs, 162 exposants et plus de 300 rencontres et débats professionnels. Six jours sans temps morts au contact d''un public convivial et intéressé, mélange de diaspora lorraine et de Belges toujours aussi francophiles très tournés vers l''Histoire du grand voisin du sud. Au fil des conversations, échangées ou entendues, le mot récurrent est bien le mot France. L''intérêt d''une présence lorraine - et vosgienne - en terre belge est indéniable tant l''exportation de la culture et de l''Histoire lorraines répond clairement à une demande non marginale. Sur ces satisfecit, rendez-vous l''année prochaine... 
  
L’édito d’EDHISTO de janvier 2011  bis
  

EDHISTO obtient le prix littéraire Georges Sadler de l''Académie de Stanislas

 

Dans le domaine littéraire, le prix Georges Sadler (publiciste mort le 30 avril 1958, président du Comité Erckmann-Chatrian) a été attribué à l’ouvrage « L''écrivain de Lubine », Journal de guerre de Clémence Martin-Froment publié par les éditions EDHISTO, en partenariat avec la Société Philomatique vosgienne, les Archives Départementales des Vosges et l’Université Picardie Jules-Verne d’Amiens. Jean-Claude Fombaron, historien, président de la Société Philomatique Vosgienne, Yann Prouillet, historien, directeur de sa commission "Temps de Guerre" et éditeur pour Edhisto, Isabelle Chave, directrice des Archives et Philippe Nivet, professeur à l''Université Jules-Verne ont reçu ce prix prestigieux des mains de François Roth, professeur émérite d''histoire contemporaine à l''Université de Nancy 2 devant une salle comble. Rapporteur, celui-ci a exposé les apports de l’ouvrage pour la connaissance de l’Histoire lorraine et fait un rapide panégyrique de Clémence Martin-Froment, témoin majeur de la guerre 14-18 dans les Vosges dans la petite commune de Lubine. Il a exprimé la reconnaissance de l’Académie pour le choix de ses auteurs d’avoir publié un ouvrage fondamental s’inscrivant dans un encrage local, un témoignage sincère et émouvant, particulièrement éclairant d’une période méconnue, et pour l’excellente qualité de l’édition produite. L’Académie de Stanislas a ainsi manifesté pour ses auteurs, tous historiens, la reconnaissance de leurs pairs pour leurs travaux qui permettent de faire rayonner l’histoire vosgienne au-delà de ses frontières. Une séance de dédicaces a conclu cette cérémonie placée sous l’égide de monsieur André Rossinot, maire de Nancy qui a également félicité chacun des lauréats.

  
L’édito d’EDHISTO de janvier 2011
 
La Poste, 2011, il faut s''armer désormais...
 
Cela n''est plus un phénomène épisodique ; les délais d'acheminement postaux s''allongent et le prioritaire devient gastéropodien. Ainsi, plusieurs retours récents de lecteurs nous informent que des commandes de livres ont mis 10 et 11 jours pour parvenir à leur destinataire (Haute-Saône et Marseille). Ces désagréments entraînent un double stress ; celui qui commande se demande si EDHISTO est aussi sérieux qu''elle le prétend ; et EDHISTO se demande si l''envoi parviendra. Non partisan en cette matière d''un éloge de la lenteur, ce désagrément majeur s''ajoute pour l''éditeur à celui de voir arriver le courrier en bon état. Dernièrement, un livre est revenu dans un état de délabrement tel qu''on en vient à se demander si La Poste n''arrête pas ses trains avec ses sacs de courriers ! On ne se faisait plus d''illusion sur la réalité de cette assertion avec les colis mais au moins, la garantie de remboursement des marchandises détruites fonctionne correctement.
Il faut donc s''armer... de patience quand la Poste joue avec nos nerfs. Alors à tous les lecteurs d''EDHISTO, excellente année 2011, pleine de belles découvertes, de bonnes lectures et... de patience.
 
L’édito d’EDHISTO de décembre
 
Source Les chemins de la Mémoire n°208 de septembre 2010
 
 
1940, une réévaluation de la mort de masse des soldats de l''autre guerre
 
Un récent article de la revue Les Chemins de la Mémoire rapporte les travaux de Jean-Luc Leleu, université de Caen, chercheur au CNRS. Il a revu les chiffres des pertes des soldats français dans la campagne de France des mois maudits du 10 mai au 30 juin 1940. Comme d''autres, il ne s''est pas contenté de recopier l''Histoire, de celle qu''on sert en boucle, devant les monuments aux morts comme ailleurs, depuis le premier texte. De celle aussi qu''on sert comme elle a été servie dans "une confusion plus ou moins volontairement entretenue avec les pertes de la drôle de guerre". Ainsi, la fourchette de 90 000 à 123 000 morts jusqu''alors communément utilisée doit être manifestement ramenée à environ 65 000 soldats de toutes armes (dont infanterie, blessés ou décédés jusqu''au mois d''août et marins tués ou disparus du 2 septembre 1939 au 25 juin 1940) morts pour la France. Par ailleurs, Jean-Luc Leleu estime à 30 000 morts le nombre des soldats allemands morts dans le même temps sur cette partie du front. Cet article est sismique. Il est de ceux, fondateurs, qui exposent une histoire nouvelle, basée non pas sur la mémoire, écrite, mais sur la recherche, renouvelée, rééavulée à l''aune des pratiques scientifiques, de l''absence d''a-priori et peut-être aussi de l''absence d''expérience. En effet, les historiens d''aujourd''hui n''ont pas de vécu de guerre et n''ont donc aucune raison de faire de l''histoire compassionnelle. Le détachement au sujet est-il un gage d''impartialité donc de véracité ? C''est plus que probable.
 
L’édito d’EDHISTO de novembre
 
Soissonnais, 6 et 7 novembre 2010, l''impressionnant lobby des tricoteuses

"Le trico''thé de Soissons a, hier après-midi, fêté ses trois ans d''existence. On y tricote autant qu''on y papote" (L''Union, édition Aisne-Soissonnais, dimanche 7 novembre 2010). C''est une incroyable puissance médiatique de communication qui a attiré toute l''attention journalistique du grand quotien de la PQR Picardo-champenoise ce week-end. En effet, dans le Soissonnais, 15 tricot(h)euses (de 6 à 76 ans) fêtaient vénérablement leurs... 3 années d''existence dans une ambiance chaleureuse, conviviale et certainement terriblement culturelle. En tous cas, avec une attraction médiatique redoutablement efficace puisqu''à quelques kilomètres de là, l''association Soisonnais 14-18 regroupait 10 onférenciers, 140 auditeurs et 270 visteurs sur deux jours au sein du remarquable château de Vic-sur-Aisne et de la richesse patrimoiniale et historique des environs. Ceci pour un colloque de très haute tenue marquant le 25ème anniversaire de cette besogneuse et remarquable association regroupant 400 membres. Des intervenants ou des auditeurs, venant parfois de très loin (citons la Loire ou les Vosges), qui ont pu confronter leur expérience et leur méthodologie et surtout démontrer l''extraordinaire  vivacité des initiatives mais aussi partager leurs inquiétudes relatives au patrimoine de la Grande Guerre.

Alors toutes nos félicitations aux tricoteuses soissonnaises pour l''efficacité de leur service com'', et d''avoir éclipsé un tel déploiement de force intellectuelle. Bravo aussi à l''Union * et au clairvoyant Philippe Robin ** pour les choix de leurs comptes-rendus évènementiels.

*  Le journal ne s''est même pas rattrapé en annonçant les sorties de terrain du dimanche, qui malgré le mutisme journalistique, a regroupé 270 personnes sur 5 circuits de visite.

** Signataire de l''article précité.

L’édito d’EDHISTO de mars

Lit-on au printemps ?

Peut-on tenter de déboulonner la sacro-sainte « rentrée littéraire » de septembre ? Que se passe-t-il en effet au cours de ce mois où tout se concentre, de la production à la statistique ; de la médiatisation effrénée à la course au parisiannisme. Une récente participation à un salon printanier tendrait à rendre sceptique sur une nécessaire répartition étalée dans le temps de la frénésie littéraire. Quels enseignements tirer d’une manifestation où les auteurs sont plus nombreux que les lecteurs ?
La com : C’est un fait, les grandes manifestations, dont en tête le Livre sur la Place de Nancy où les Journées d’Histoire Régionales démontrent que sans le renfort de quelques centaines de milliers d’€uros, la manifestation médiatique n’existe pas. La petite feuille polycopiée qu’on se refile à la fin du dernier salon des trois pelés pour annoncer le prochain salon des deux pékins ne suffit pas…
Le porteur : Toute dynamique et sympathique que soit l’organisation, le marché du livre est un lobby dans lequel l’électron libre est un électron seul. Dès lors, seule l’assise dans le temps sauvera le bébé... Encore faut-il durer quand le succès se fait attendre pour les participants. Et oui, mis à part quelques acharnés, auteurs bénévoles ou associatifs forcenés, il est de polluantes notions de « retour sur investissement », pollution imposée par le fiscal dogme « votre entreprise est intéressante, elle ne doit pas faire vivre que vous ! ». Si le salon coûte plus cher qu’il ne rapporte, l’éditeur tombe dans le philanthropisme et c’est alors le banquier qui tombe sur le dos de l’éditeur ! Chacun son fardeau !
Le lieu : Admirable lieu choisi en centre ville de l’une des grandes mégapoles Lorraines. Cadre superbe, locaux vastes, pléthore de participants, qualité irréprochable de l’accueil, exposants aux petits soins d’une batterie de sourires plus charmants les uns que les autres. Conditions idylliques d’une organisation sans grain de sable… sauf qu’il était impossible de garer son indispensable bagnole pour venir voir la mariée !! Comment faire le plein de livres aussi beaux que lourds quand il faut faire X x X mètres pedibus cum jambis ? La culture des villes a ses problèmes que n’a pas la culture des champs…
La machine : La question est simple : Est-il plus porteur de participer à un salon régional, grosse machine de guerre à la com aussi démesurée que sa participation est aléatoire pour les petits poissons ? Ou vaut-il mieux porter son attention sur les salons intimistes au milieu d’une salle polyvalente de fond de brousse ? On en constate craquer sous les visiteurs quand d’autres voient les auteurs se regarder en chiens de faïence. En la matière les grosses machines attirent quand même les grosses chalandises. C’est une constatations, c’est donc un fait.
Rien n’est simple. Alors, faut-il rentrer dans le moule de la rentrée littéraire ?…
  
L’édito d’EDHISTO de février
 
Vers une reconnaissance archéologique de la Grande Guerre ?
 
Dans les semaines qui viennent, une « délégation » d’historiens et d’archéologues doit être reçue au ministère pour évoquer la question du statut archéologique des traces de la Grande Guerre. C’est en 1991 que la première opération d’anthropo-archéologique est pratiquée en France sous l’égide du ministère de la Culture alors dirigé par Jacques Lang. En France, Frédéric Adam dirige en effet la première fouille archéologique d’une sépulture multiple de soldats de la Grande Guerre, opération rendue possible par la présence présumée dans la fosse de l’écrivain Henri-Alban Fournier. L’année suivante, la convention de Malte attache l’archéologie au « passé récent » « déchronologiant » la discipline. Ouvrant la discussion par une multiplication des tables-rondes (Paris 1995, Péronne 1997, Verdun 2006) et colloques (Suippes et Arras 2007, Epinal 2008, Caen 2008), la « sanctification » éditoriale est d’abord ouverte par Péronne dans son numéro de 14-18 Aujourd’hui (1) dès 1999 mais l’opportunité scientifique de la discipline est démontrée dans son application dans le livre Alain-Fournier et ses compagnons d''arme (2). C’est le titre l''archéologie de la Grande Guerre (3) publié en 2008 qui vulgarise une application scientifique qui, si elle est loin de faire l’unanimité des responsables de services archéologiques (qui subissent comme tous des restrictions de budgets et ont parfois déjà du mal à courir devant le TGV et derrière les « méro »), fait tâche d’huile au sein des archéos.
  
(1) Desfossés Yves. "Préserver les traces. L’Archéologie et la Grande Guerre". 14-18 Aujourd’hui - Today - Heute. Revue Annuelle d’Histoire (2). Noêsis. pp. 36-51.
(2) Adam Frédéric, Alain-Fournier et ses compagnons d''arme. Une archéologie de la Grande Guerre. Nancy, Serpenoise, 2006, 219 pages.
(3) Collège d''auteurs, L''archéologie de la Grande Guerre. Ouest-France, 2008, 127 pages.
 
Paris s’apprête donc à décider. Les enjeux sont immédiats et considérables : immédiats car les atteintes aux « dépouilles inconnues », palimpsestes de soldats oubliés qui ne demandent qu’à retrouver une place dans le monde contemporain et dont les identités sont saccagées par les pilleurs de tombes, sont croissantes. Considérables car le rattachement au champ archéologique de la Grande Guerre va générer une application de droits spéciaux aux conséquences étendues, de la gestion des sites au statut des objets s’y rattachant. A chaque remède de nouveaux maux pour certains. Pourtant la disparition des derniers témoins d’un temps incompris qui s’éloigne justifie l’alliance de l’historien et de l’archéologue. Déjà, eux-seuls permettent de tenter la restitution et l’explication des traces que nous a léguées ce conflit. La réponse dans les mois qui viennent ?

L’édito d’EDHISTO de janvier 2010

Bonne année 2010 !

2009 s''est terminée par une mauvaise nouvelle dans le monde de l''édition. Est-elle symptomatique d''une année 2010 qui s''annonce ardue ? Difficile à dire mais une chose est sûre, les auteurs eux ne se préoccupent pas de la crise et les recherches se poursuivent à un rythme effréné. D''ores et déjà, le planning d''édition d''EDHISTO - son carnet de commandes - est plein. Ce ne sont pas moins de 7 publications qui doivent enrichir le catalogue 2010. Rester sur place, c''est reculer dans le monde actuel. Aussi, EDHISTO avance et va très prochainement faire évoluer son site Internet et étoffer largement son catalogue de diffusion avec des partenariats nouveaux. Alors 2010 sera croissante ou sera la dernière. finalement, tout cela ne dépend que d''un seul paramètre : le lecteur !

Alors bon lectorat pour EDHISTO et bonne année 2010 à tous, pleine de lectures enrichissantes et de découvertes extraordinaires. 

L’édito d’EDHISTO de décembre

Solidarité des éditeurs

Etre éditeur aujourd''hui est un sacerdoce. C''est un métier riche de rapports humains au service de la diffusion des savoirs et des expériences. Comme tous les métiers passion, il met moins en jeux les rouages économiques d''une rentablité commerciale que l''analyse des apports à l''Histoire ou la valorisation des recherches effectuées par un auteur. Publier aujourd''hui pour un "petit éditeur", dans un circuit du livre qui met moins en valeur l''auteur et l''éditeur que le libraire, noyé dans une production d''ouvrages exponentielle (69 658 titres en 2008 soit 9,7 % de plus par rapport à 2007), est un pari chaque fois renouvelé. La diffusion nationale est un mirage et l''embauche de personnel un luxe fort coûteux ; ce qui apparaît comme un développement incontournable est un piège financier dans un contexte de crise. La seule solution serait-elle la vente directe ? En tous cas la seule solution est la vente. Alors lire, c''est soutenir ?

Les éditions EDHISTO soutiennent les éditions ANOVI et vous invitent à préférer l''achat au siège des ouvrages qui font avancer votre relation à l''histoire.

http://www.anovi.fr

L’édito d’EDHISTO de novembre

Rouages.

Hisser les Vosges et le Grand Est à la hauteur de l''élan national. En matière de prospective le temps est un ennemi qu''il s''agit de maîtriser bien longtemps à l''avance. Dans "les milieux autorisés" - qui, pour répondre à l''humoriste, sont ceux où l''on produit, pas ceux où l''on consomme -, 2014 est aujourd''hui. Et chacun des grands prévisionnaires de placer ses roues dentées dans la grande mécanique du centenaire. L''Histoire de demain se décide aujourd''hui ; comme les aménagements du territoire qui permettront de la restituer. Dans l''Est, les millions d''Euros (virtuels pour l''heure) sortent du bois. La Meuse, et son ALVF, et le Haut-Rhin, avec sa "lourde", ont ouvert le feu pour les commémorations. Objectif sur Verdun : 1 million de visiteurs pour 2014 (2016 en fait ?). Est-ce jouable ? Difficile à dire mais une chose est sûre, la pression monte et les historiens, pauvres outils dans la tempête médiatique, entendent tenir le cap et apporter la culture dans le programme des "festivités". Mal nécessaire, il appartient de contenir le barnum tant il y aura toujours plusieurs niveaux d''appropriation de l''Histoire de la Grande Guerre ; Fauchon et le discount. Mais peu importe l''emballage pourvu qu''il y ait de la nourriture dedans...

L’édito d’EDHISTO d'octobre

Surréalisme culturel ?

Cette année encore, EDHISTO sera présente (en compagnie du CRID14-18) au salon international du livre d''Histoire de Blois. Ce salon est un OVNI culturel. Pensez ; 153 stands, un café littéraire, des auditoria et de multiples rendez-vous littéraires mettant en action tout une ville ne représentent que la vitrine d''une véritable éclosion de la production littéraire et historienne nationales. C''est à Blois qu''il faut être quand on est historien, mais également géographe, bibliographe, généalogiste, etc... Ces rencontres mériteraient de recueillir un public plus nombreux encore. En regard de la culture historien du Grand Est, qu''en serait-il si une telle manifestation, dans son ampleur et surtout dans sa diversité, se déroulait dans ou d''une ville du Grand Est ? Nous nous surprenons à penser que, sur le plan des visiteurs, il y aurait fort à parier que Blois serait rapidement détrôné. Woippy la petite l''a compris et, à son échelle, elle supplante sur le plan de la démarche oecuménique Metz la grande. Il y a des capitales de la culture et des cultures capitales. A méditer. 

L’édito d’EDHISTO de septembre

Marronnier

C''est la rentrée. Entendue à toutes les sauces, cette évidence a cette année un goût tout particulier de reprise. C''est indéniable, les mauvais jours semblent s''éloigner. Et si la lumière d''une sortie de tunnel était aussi blanche que les pages d''un livre ? Une société qui lit est une société qui vit. La crise a recentré la consommation sur l''alimentaire. Nourrir le corps est bien mais asphyxier le cerveau est plus dangereux. Les communau-tarismes et les obscurantismes les plus sombres pourraient y insérer le coin de la régression culturelle. Lire ne crée pas de richesse et consommer de la culture n''entre que de peu de poids dans la logique économique mais l''essentiel n''est pas là. Il est dans l''assise de l''avenir sur les base du passé. encore faut-il le connaître. Le livre est une brique, l''édition le mur, l''historien le maçon. Quand le bâtiment va... tout va !

L’édito d’EDHISTO d'août

Vacances littéraires ? Profitez-en pour réviser vos... approches

La crise a du bon ! Il ne faut pas s''en cacher, dans l''édition comme dans le reste de l''économie, le portefeuille est à plat. Morosité financière et atonie d''un mois d''août qui retient son souffle avant le marathon de rentrée littéraire. Alors une fois n''est pas coutume, la période a été propice à la lecture ; des manuscrits notamment. La recherche d''un éditeur est à la fois une quête et une loterie. Si dans les deux cas, il est peut être fait appel à la chance, elle est rarement une composante de la décision pour l''éditeur. Si la qualité du compuscrit (le manuscrit et le tapuscrit sont morts et enterrés depuis des lustres !) se doit d''être irréprochable, prête à l''emploi, celle-ci n''est pas le seul critère de choix. La retenue d''un texte par un éditeur est une alchimie qui se base d''abord sur une relation humaine. Comme pour tout acte de commerce, l''approche (donc la première impression) est primordiale. Pour convaincre un  éditeur, caressez-le dans le sens du poil. Mais avant, posez-vous les bonnes questions : que savez-vous de lui, des publications de sa maison, de ce qui manifestement le botte voire l''excite ! Votre essai sur la fabrication du naperon entre 1798 et 1804 dans la basse Bretagne centrale est-il bien "dans la niche" du catalogue ? L''envoi forcé du manuscrit est le plus souvent une perte de temps... et d''argent pour l''auteur. Editeur est un métier de contact. Nouez et on vous répondra...

L’édito d’EDHISTO de juillet

La Révolution française ? Quelle révolution française !

Avez-vous entendu parler du 220ème anniversaire de la Révolution française ? Vous avez vu un défilé militaire à Paris ; certes Max Gallo nous a inondé les ondes d''un énième essai sur le sujet mais quoi d''autre ? Il est indéniable que CE 18ème siècle n''est plus dans l''ère du temps. Quelle raison à cela ? Le gouffre abyssal d''un bicentenaire qui a épuisé pour longtemps de nombreuses lignes de crédits ? Une Révolution rouge sang trop teintée à cette occasion de rose politique ? Hélas le sang de la Révolution a jeté tout le reste avec l''eau du bain historien. Pourtant, l''administration de la France est directement née de cette période et à l''heure où la notion même de département vacille, il est peut-être le moment de ne pas oublier que ce bouleversement a généré d''autres catalyses. Les Historiens n''ont pas la mémoire sélective ; la biographie du général Haxo à paraître comme l''édition (enfin) du poème fondateur de François de Neufchâteau "Les Vosges" remettront bientôt en mémoire le fait que la création des départements suscite encore aujourd''hui l''attachement à une terre, un groupe social, bref un identité commune.  Les Français sont attachés à cette petite Patrie ; il n''est pas de meilleur moment pour leur rappeler de quelle Histoire elle est issue.

 L’édito d’EDHISTO de juin

  

C''est fait, il est sorti, et comme promis, il a tenu toutes ses promesses. Comme pour le Guide des Sources de la Gande Guerre dans les Vosges, les historiens dEDHISTO ont participé à cette aventure qui a permis de produire les deux premiers ouvrages scientifiques majeurs sur le département des Vosges en guerre. Et c''est un véritable exploit.

Ce terme fort n''est pas galvaudé en l''espèce. Déjà en amont, parvenir à convaincre le Conseil Général de l''intérêt d''une telle initiative dans un département pour lequel la "culture de guerre" n''est pas encore parfaitement installée, rassembler Conseil général - service culturel, archives départementales, monde universitaire et monde associatif n''était pas non plus chose évidente tant ces mondes peuvent parfois être parallèle. Enfin, publier les actes d''un colloque qui s''est tenu voilà - seulement - 9 mois est aussi une performance. Une prouesse réalisée par "La Patronne", concentré d''énergie et de savoir, à l''activité surdimensionnée qui ferait palir les stakhanovistes les plus acharnés...

Bref, 348 pages, format 21X30, écrit en tout petit, une somme disais-je. Couplé au Guide des Sources, ces actes de colloque forment la base la plus sérieuse et la plus essentielle qu''un département puisse connaître. Le retard est comblé. La ligne de départ est enfin tracée. Maintenant il n''y a plus qu''à... ! Allez au boulot au lieu de lire l''Edito !
 
Ah, j''oubliais... Merci à tous !
  
Attention comme pour le Guide des sources cette somme n’est pas distribuée par Edhisto (pour toute commande, s’adresser à www.vosges-archives.com ou auprès de la Société Philomatique Vosgienne www.philomatique-vosgienne.org)
  
L’édito d’EDHISTO de mai
 
Photo Gilles Roland
 
 
Vols au musée
 
C''est un fait incontournable, l''homme est vénal et égoïste.
Les soldats de la Grande Guerre nous ont légué, outre l''expérience de leur souffrance au profit de la paix, les témoignages de leur passé dans la glèbe. Dans les Vosges, ces traces forment un gigantesque musée à ciel ouvert dont les portes s''ouvrent à Badonviller, en Meurthe-et-Moselle, et se referment à la frontière suisse. Ce musée composé de tableaux, de sculptures, de fresques, de salles, de vestiges, de traces, tous uniques, tous réalisés au seul exemplaire de l''oeuvre commune ou individuelle du soldat ou du civil. Attenter à ces oeuvres est un crime de lèse patrimoine, un négationnisme testimonial pour les générations à venir. Qui blamer ? Les sites de vente en ligne, le marché parallèle des collectionneurs, les amateurs d''art naïf ? Qui accuser ? Les imbéciles sans scruptule, les pouvoirs publics peu prompt à légiférer sur le statut des traces de guerre, les forces de police, peu enclines à battre la campagne pour surveiller les musées de plein air ? C''est un peu tout à la fois tant la prise en compte des sites de guerre et de leur richesse est une démarche encore timide. Et les sites classés me direz-vous ? L''étude de ceux du Grand Est démontrent que ce statut n''est pas une garantie contre le pillage, la dénaturation et l''incompétence des gestionnaires auto-proclamés... Alors, il n''y a pas de solution ? Peut-être que si, dans l''information et la formation des élus et des gestionnaires de patrimoine en consertation avec les historiens et les archéologues.
Il se bruisse qu''un imposant dossier de classement au patrimoine de l''Unesco des champs de bataille de la Grande Guerre se monte dans quelque bureau. Des solutions ? A suivre...
 
 * Vulkan agrémentait un abri souterrain dans le secteur du Bernhardstein dans les Vosges. Au mieux, il est au chaud chez un particulier peu regardant, au pire il est en miette aux alentours. Mais dans tous les cas, il est recherché activement...
 
L’édito d’EDHISTO d''avril
 
 Photo Mémorial de Verdun
 
Vers la plus grande librairie de la Grande Guerre en Lorraine ?
Depuis quelques années, Verdun, qui s''est depuis toujours érigée en emblème mondial du paroxysme de 14-18, est  à nouveau l''objet de l''attention des politiques et des chercheurs. Si sur les premiers les choses bougent plus qu''elles n''avancent, il est au moins un point sur lequel le changement est impressionnant, c''est celui du renouveau du Mémorial de Fleury-devant-Douaumont. Equipe jeune et dynamique, ouverture d''esprit efficiente et efficace, projets cohérents et dépoussiérés, s''il ne reste qu''un lieu à visiter dans ce secteur, c''est bien celui-là. Ce qui manquait jusqu''à présent sur l''ancien champ de bataille de Verdun, c''était la profondeur. En effet, entre non-sens historiques, sites perdus et anachronismes cachés, la visite de l''ancien champ de bataille, devenu gallodrome,  est d''une incommensurable frustration (si, si, relisez Jean Estillac * et vous verrez...). Si le glorieux passé est caché sous les feuilles, le présent, et donc l''avenir, est au mémorial. Si vous voulez savoir, pour l''instant, marchez - et payez ! - moins et allez à la librairie. De quelques titres il y a quelques mois, c''est près de 350 références d''ouvrages les plus récents strictement appliqués à la Grande Guerre, et pas seulement à la bataille de Verdun, qui sont maintenant disponibles dans un espace étendu. Enfin quelque chose qui attire à Verdun ! Les temps changent, même là ! Incroyable non ? 
  
* ESTILLAC, Jean, RETOUR A VERDUN. Paris, éd. du Scorpion, 1958, 262 pages, roman.
 
L’édito d’EDHISTO de mars
 
Cela bouge dans l’Est
En 1992, Péronne a fait mentir Erich Maria Kramer. Dépoussiérant en profondeur la muséologie et attachant à la Grande Guerre une véritable école de pensée, cette initiative a incontestablement marqué le renouveau de l’approche muséographique et scientifique de 14-18. C’était toutefois au même siècle que le conflit. Depuis, les lignes ont considérablement bougé. Au cours des dix dernières, la quasi totalité des grands lieux de mémoire équipant l’ancien front entre Péronne et la Suisse ont été créés ou rénovés. Avant Meaux (2011), la Caverne du Dragon (1999), le Centre d’Interprétation de Suippes (2006), le renouveau du mémorial de Verdun (2007), la nécropole du Léomont (2007) ouvrent la voie aux grands projets à venir dans les interstices de cette géographie.
« Im osten, neues ! ». L’Abri Mémoire à Uffohltz est en cours de renaissance et déjà il n’est pas seul dans le couffin de l’Histoire. Le massif des Vosges est vaste et son histoire protéiforme. Du nord au sud, il a vécu le premier zeppelin abattu par fait de guerre, la plus grande profondeur jamais atteinte dans la guerre souterraine, le seul endroit où l’on porte la guerre en sol allemand mais surtout, c’est la seule guerre de montagne connue par le front français. Ce dernier paradigme est à lui seul un champ d’étude aussi complexe que sous-étudié. Comment perdre de vue en effet que le seul champ de bataille vosgien qui ait bénéficié à ce jour d’une « expertise anthologique » renouvelée à l’aune de la pratique historienne contemporaine soit celui de la Chapelotte ? (Et oui, ne cherchez pas dans les arcanes bibliographiques : le Linge, l’Hartman ou la Tête des Faux, tout emblématiques qu’ils sont, n’ont pas encore vu édité l’ « équivalent Chapelotte » ! Etonnant non ?) C’est pour pallier à cette inexplicable carence que se prépare à l’Est une double structure de recherches et de mémoire. L’étude bicamérale de la guerre de montagne s’articulant autour de deux lieux spécifiques sous un même objet et d’une école de pensée dédiée composée de chercheurs, d’historiens et de scientifiques pluridisciplinaires. C’est ambitieux et novateur. Le comité scientifique est ouvert ; les historiens recrutent ! D’autant que le monde associatif n’est pas en reste. Sur les fonts baptismaux du dynamisme historien, nous souhaitons longue vie au collectif MEGGA de Sainte-Marie-aux-Mines et à l’AGEV de Pierre-Percée dont nous reparlerons sous peu. Edhisto est au cœur du maelström qui se forme… Cà c’est du Poe !

L’édito d’EDHISTO de février

Joyeux anniversaire Edhisto !

Comme l’on est jamais si bien servi que par soi-même, nous nous souhaitons un joyeux anniversaire ! Deux ans déjà. Un cap difficile dans la vie de toute entreprise qui ne cesse de se sentir depuis le début épiée par quelques réclamants qui attendent depuis de longs mois tapis dans les fossés du Trésor ou de la solidarité nationale. Ils se rapprochent de l’ornière où toute entreprise est déjà plongée, la tête compressée par une crise qui, si elle n’est pas chroniquement traumatique, se fait quand même bien sentir ! Point de sinistrose et de toutes façons, pas le temps… Le travail à venir relègue celui déjà réalisé au rayon des archives. Alors, et le cadeau d’anniversaire direz-vous ? Eh bien il est télévisuel. Dans la grande candeur qui auréole tout chef d’entreprise et plus encore tout trublion culturel, on pouvait penser que la création d’une maison d’édition en région, qu’elle quelle soit d’ailleurs, serait une événement culturel, donc médiatique. Ah naïveté de la jeunesse ! Et bien non ; pas une onde audiovisuelle, (presque) pas une ligne journalistique des grands diffuseurs culturels dégoulinants de parisianisme. Toute cette énergie pour autant de silence, c’est frustrant. Et puis non, tout arrive. Ainsi Edhisto va fêter son anniversaire le vendredi 06 février 2009 à 12 heures avec Laurent Parisot sur France 3 Lorraine Champagne Ardennes en direct. Passé, présent et avenir d’Edhisto et des activités annexes de ses animateurs seront au rendez-vous de 4 minutes 30 certainement très denses. Il y a tant à dire… Rendez-vous donc devant la lampe magique.
Déjà une appropriation de l’événement. Dans le monde culturel, les choses vont en effet très vite puisque la Librairie Le Hall du Livre de Nancy a souhaité coupler cette actualité médiatique avec une promotion dédiée à Edhisto dès la semaine 6 au sein de cette « première librairie de Nancy ». Un lien direct entre le production, la com’ et la consommation. Décidément, tout va très vite en culture… ou très lentement.

  

L’édito d’EDHISTO de janvier 2009

 

Mémoire des soldats de la Grande Guerre : l’appel du 28 janvier
Déjà le colloque sur la Grande Guerre d’Epinal avait, dans la lignée des colloques précédents (de Paris en 1995 à Caen en 2008), appuyé là où cela fait mal à la Mémoire. Le « syndrome du jardinier * » qui touche aujourd’hui les dépouilles de soldats découvertes fortuitement dans l’emprise des anciens champs de bataille de la Grande Guerre. Frédéric Adam, archéo-anthropologue pionnier de l’archéologie de la Grande Guerre a mis à nu ce paradigme en 1991 mais depuis, rien n’a changé. Malgré cette opération exemplaire et ultra-médiatisée, le traitement des découvertes fortuites de restes mortels de soldats reste toujours soumis aux aléas de l’inventeur et des services qui se chargent de la gestion de l’événement. En effet, il n’existe à ce jour aucun modus operandi normalisé. L’inventeur, quand il le fait, saisit la plupart du temps le maire qui prévient les gendarmes qui préviennent les services des sépultures qui exhument à la hâte et pour les plus chanceux des soldats se chargent des éventuelles identifications. Si l’archéologie est systématiquement utilisée pour les sites anciens, elle ne l’est quasiment jamais pour les conflits récents. Certes le but diffère mais les enjeux mémoriels se rejoignent : là ou l’archéologie se charge de retrouver la mémoire collective des civilisation, celle de la Grande Guerre recherche la restitution de la mémoire individuelle. Le 28 janvier 2008, on peut ainsi lire dans l’Est Républicain, édition de la Meuse : « …sur les champs de bataille verdunois (…) 80 000 corps sont encore ensevelis ». L’objectif du groupe de réflexion de la mission histoire du Conseil Général de la Meuse est « de convaincre les différentes parties concernées sur l’utilité [d’introduire systématiquement l’archéologie militaire afin de] permettre aux familles de retrouver des racines qui paraissent perdues à jamais ». C’est édifiant ! Près de 100 ans après le début de la grande boucherie, les descendants des poilus que nous sommes (presque) tous en sont encore à demander que le souvenir individuel des disparus soit rendu aux familles. Les donneurs de leçons de mémoire de tous poils devraient de temps en temps lire autre chose que leurs discours d’intention. La presse et les compte-rendus de colloques par exemple !
 
Sur ce syndrome, voir

 

 

L’édito d’EDHISTO de décembre

 

Aménager les territoires de mémoire – bilans et perspectives
Maintenant que les derniers acteurs sont partis, y a-t-il une nécessaire redéfinition du patrimoine de la Grande Guerre ? Serge Barcellini * en a fait une analyse particulièrement opportune dans son intervention ** intitulée Que faire de Verdun au XXIe siècle ? lors de la journée du Crid14-18 à la Sorbonne. Il rappelle que depuis quelques temps, le Conseil général de la Meuse a redéfini une politique mémorielle du département dans le sens d’une économie marchande indissociable de la Grande Guerre. Si cette économie n’est pas une composante du souvenir, elle l’est de la mémoire. En effet, la politique de mémoire a un coût exorbitant, augmenté d’un émiettement des territoires de mémoire et dans un indéniable affaiblissement de l’Etat (voir ce qui se passe pour l’ONF). L’érosion du tourisme de mémoire est certaine : l’ossuaire de Verdun est passé de 320 000 visiteurs en 1995 à 230 000 en 2005 ; le Mémorial de 154 000 à 126 000. Dès lors la situation est grave et structurelle d’où l’obligation de créer un site moteur dans un espace restructuré. La cause en est un glissement structurel des visiteurs, du collectif à l’individuel. Y a-t-il donc crise des lieux mémoriels ? Selon Serge Barcellini, il y a une trop grande offre mémorielle et l’on doit réfléchir à inventer une nouvelle poussée de la demande : par un tourisme mondial (classement UNESCO européen), par la mise en place d’une approche plus passionnée (Mémoire des Hommes et les JMO en ligne seront rapidement complétés par les 8 500 000 fiches signalétiques) et par l’enseignement d’une culture européenne, démontrant la plasticité de 14-18. Enfin, selon lui, il convient d’anticiper en plaçant Verdun comme pivot mondial, articulé autour de centres d’interprétation, d’animations, de lieux ouverts à la recherche et d’accueil sur les 5 grands sites du Département que sont Verdun, l’Argonne, Saint-Mihiel et les Eparges, l’ancien front allemand et l’ancien front français. Ne faut-il pas dès lors craindre une « dysneylandisation » de Verdun ? A cette légitime question, Serge Barcellini privilégie une réponse structurelle tendant à une amélioration de l’aménagement des sites de mémoire la Grande Guerre, depuis toujours déficients et non une massification des aménagements. Nous pensons quant à nous que seule l’adjonction des historiens aux aménageurs de territoires permettra une garantie contre la dénaturation des sites et les atteintes à la réalité historienne déjà rencontrées par ailleurs.
 
* Il exerce depuis 1981 de hautes fonctions de Défense et de Mémoire au sein de divers ministères et est aujourd’hui entre autre directeur de la mission mémoire du Conseil Général de la Meuse.
** Programme rappelé sur le site http://www.crid1418.org/agenda/?p=78

 

 

L’édito d’EDHISTO de novembre

 

La Grande Guerre dans le monde contemporain. Ce monde c’est celui d’un 90ème anniversaire de la fin d’une guerre qui ne veut pas finir. Manifestement, novembre 2008 ne sera pas le début du calme après la tempête débutée en 2004. Cette année-là fut celle de l’explosion littéraire. En effet, la production bibliographique passe de 172 livres en moyenne de 1996 à 2003 à 287 en 2004 pour retomber à 216 en 2005. La vague est passée ; une petite déferlante (plus d’un livre par jour de semaine !) qui démontre a elle seule la place de 14-18 dans le mode contemporain. D’ailleurs, c’est l’objet de la journée du CRID14-18 qui se tiendra à la Sorbonne le 8 novembre. Là encore, la richesse des angles d’attaque de ce que peut représenter aujourd’hui encore la Grande Guerre, jusque dans le rock du 21ème siècle (sous l’expertise de Nicolas Offenstadt) est à elle seule démonstrative d’une réalité. Loin de concerner uniquement le monde historien ou commémoratif, le « phénomène Grande Guerre » se niche dans toutes les strates actives du monde social contemporain. Décidément, si ses témoins se sont éteints, la Grande Guerre elle ne veut pas mourir. Nous gageons que rien ne stoppera pas cet élan dans la grande parenthèse 2009-2013… A suivre.

 

 

L’édito d’EDHISTO d’octobre

 

Il a eu lieu et il a tenu toutes ses promesses ! Formidable moment de recherches et de restitution publique des études programmées, le programme, d’une très grande richesse thématique, a permis des avancées considérables pour l’étude du département des Vosges en guerre. Conférences, expositions sur et hors site, sorties de terrain, librairie, rien n’a manqué dans ce maelström culturel qui a attiré plusieurs centaines de personnes de tous le Grand Est et même au-delà. Dès lors, le plus dur étant fait, il ne reste plus qu’à attendre la parution des actes de ce colloque fondateur, qui, avec le guide des Sources, formera le premier tandem d’ouvrages réellement scientifiques sur le département des Vosges. Ces actes devraient paraître à la fin du premier trimestre 2009. Ils sont attendus avec impatience car tout ce travail ne forme que la base historienne des travaux à mener pour redonner au département des Vosges sa place dans l’étude globale de la Grande Guerre.
L’autre actu, c’est la reprise des salons littéraires après le Salon du livre de Nancy, vrai succès de diffusion pour Edhisto, toujours présent au Palais du Gouvernement (lieu emblématique pour des éditions qui ne le sont pas moins !), Edhisto sera au Festival International de Géographie de Saint-Dié-des-Vosges et surtout au salon du Livre d’Histoire de Blois. Le plus d’Edisto cette année ; un stand commun avec le CRID14-18… « le dernier salon où l’on causera !… »

 

 

L’édito d’EDHISTO de septembre

 

« Les derniers seront les premiers ! » Edhisto s’associe à l’événement majeur du département : le premier colloque sur la Grande Guerre dans les Vosges, Sources et état des lieux. Il est indéniable que le Département des Vosges est en retard pour l’étude de sa propre histoire du conflit mondial sur son territoire. Pourquoi en est-il ainsi ? Comment expliquer qu’un département du front également durement touché par la guerre (86 communes envahies à l’été 1914, 26 entre septembre 1914 et août 1918, 25 le sont encore à l’Armistice), qui « bénéficie » de la seule guerre de montagne présente sur le front français et où se déroule une guerre souterraine paroxysmique ? Comment combler les lacunes historiographiques d’études, qu’elles soient de synthèse (le seul ouvrage évoquant l’ensemble des combats des Vosges est de langue hollandaise !) comme d’essais (vie des civils, économie, reconstruction, etc.) ? C’est à ces questions que devront répondre les quelque 36 intervenants qui se succèderont les 4, 5 et 6 septembre 2008. Le comblement du vide a déjà commencé d’ailleurs : sous la direction des archives départementales, le comité scientifique du colloque va publier dès l’ouverture le premier « Guide des sources de la Grande Guerre dans le département des Vosges », un outil de synthèse à trois entrées : une analyse bibliographique suivie de 701 notices de livres et d’articles traitant de la guerre appliquée au département, un inventaire archivistique et des collections muséales et un inventaire des sites et monuments aux morts du département. C’est un monument et une bible. Ce n’est pas si courant. « Les derniers sont les premiers ! »
Attention cette somme n’est pas distribuée par Edhisto (pour toute commande, s’adresser à www.vosges-archives.com ou auprès de la Société Philomatique Vosgienne www.philomatique-vosgienne.org)
  

L’édito d’Edhisto d''août

Pas de vacances pour EDHISTO. Les rouages d''un maillage territorial des grands paradigmes de la Grande Guerre sont en cours de mise en place sur et autour de l''ancienne ligne de front. Derrière les deux grandes écoles de pensée nationales (Péronne et le CRID14-18)s''inscrivent des sites en pleine expansion (le Chemin des Dames autour de Craonne et la Caverne du Dragon, le Centre d''Interprétation de Suippes et le Mémorial de Verdun). Ils vont permettre de catalyser les grands lieux de guerre : La Somme, Le Chemin des Dames, La Marne et La Meuse. C''est un triste constat mais la Lorraine, Meuse non comprise, et l''Alsace demeurent un grand désert heuristique. L''Abri-Mémoire à Uffholtz, torpillé par absence de scientificité - ou excès d''amateurisme -, est en cours de recontruction. Ainsi les rouages à l''est tournent à nouveau et le Centre d''Interprétation qui devrait voir le jour dans l''est des Vosges autour du champ de bataille de La Chapelotte se proposera, en lien avec l''Alsace, d''insérer dans le maillage national le paradigme de la guerre de montagne, seule connue sur l''ancien front de France métropolitaine. A suivre donc...

 

 L’édito d’Edhisto de juillet

Paradoxale. Oui, paradoxale est la situation du département des Vosges dans l''historiographie générale de la Grande Guerre. Pourtant vecteur de spécificités - seule guerre de montagne du front français, destruction du premier zeppelin par fait de guerre et plus grande profondeur jamais atteinte dans la guerre des mines - les Vosges n''ont été l''objet d''aucune étude de synthèse ni de travaux de sciences sociales ou économique globalistes. Pire, la seule étude générale évoquant l''ensemble des grands champs de bataille vosgiens par le texte, l''image et la cartographie est un ouvrage hollandais dirigé par les historiens de la WFA (De Eerste Werldoorlog in de Noordelijke Vogezen). Dès lors, la survenance du premier colloque sur la Grande Guerre dans le département des Vosges qui se tiendra du 4 au 6 septembre 2008 à EPINAL est un évènement majeur pour l''Histoire de ce territoire. Dirigé par les Archives Départementales avec le concours de l''Université de Picardie-Jules Verne et de la Société Philomatique Vosgienne, son sous-titre "Sources et état des lieux" ne pouvait être mieux choisi pour exprimer l''ampleur du travail à réaliser pour exhausser ce département, comme l''indissociable massif éponyme, à la hauteur des travaux qui enrichissement les autres grands lieux de l''ancienne ligne de front. Tous les acteurs de ce rendez-vous espèrent qu''une grande école de pensée transvosgienne naîtra de ces réflexions et que la masse des découvertes déjà effectuées au sein des archives recensées à ce jour dans le guide des sources à paraître en ouverture des débats trouvera ses chercheurs. Le même espoir est nourri que nombre de publications pourront émerger des trésors documentaires déjà recensés. Les Vosges sont ainsi peut-être l''une des rares régions qui bénéficie d''un réservoir littéraire largement inépuisable...
 
Programme et inscription sur http://www.vosges-archives.com
 

 

 L’édito d’Edhisto de juin

L’après-guerre 1870-71 avait déjà connu cela. Quelques musées de curé, quelques anciens combattants devenus gardiens des champs de bataille, racontant sans fin leur histoire à un public friand de sensations, bientôt relayés par quelques guides officiels des champs de bataille, consacrant ainsi le tourisme de mémoire. Inauguré par l’abbé Alphonse Collé, le premier musée de la bataille de la Chipotte, à Ménil-sur-Belvitte, va précéder une infinité de lieux de mémoire dans un tourisme de guerre qui débute dès la fin des combats de l’été 1914 sur la Marne et dans les Vosges. Goodrich, Diamant et surtout Michelin installent la discipline pour deux types de pèlerins ; les anciens combattants et les veuves. Les uns comme les autres s’éteignent à la fin des années 80 alors que la plupart des « musées de curé » sont déjà dissous. La disparition massive des derniers témoins ne va pourtant pas enrayer le « phénomène de mode » que représente la Grande Guerre ; Peronne, Verdun, Uffholtz, sont bientôt relayés par Suippes, Friscaty et bientôt Pierre-Percée et surtout Meaux, nouveau moloch de la mémoire. Jamais au cours de l’Histoire une telle diversité d’offres n’a été constatée autour de la Grande Guerre qu’après ce changement de siècle. Les Centres d’Interprétation supplantent les musées, les sentiers de Mémoire font oublier les champs de bataille, l’art s’est emparé des lieux de souffrance et les écoles de pensée fourmillent autour des grands sites avec une volonté de continuité dans l’implantation territoriale. Et le livre dans tout cela. Après-guerre, la troisième, il semble aujourd’hui relayé au rang d’outil, de relais indirect face aux hyper transmetteurs que sont les grands centres mémoriels. Pourtant, devant les fast-foods du all-in-one de la « culture de guerre », le livre ne reste-t-il pas le seul vecteur pérenne de l’Histoire ? En tout cas si l’histoire militaire est aujourd’hui reléguée, les champs de bataille ont la cote et, singulièrement, la mémoire de pierre est indubitablement la plus vivante. 


Cliché F. Steinbach

L’édito d’Edhisto de mai

 

Voilà, c’est fait, les « compteurs à rebours » qui égrènent avec morbidité les derniers soldats de la Grande Guerre arrivent à leur fin. Nous en sommes là, 90 ans après ; le dernier arbre de la forêt des Poilus se tient, courbé par les ans, au milieu du cimetière des héros. Lazare Ponticelli est le chêne de la Croix des Carmes, un monument historique vivant. Il en est de son devenir comme de l’arbre lorrain. Il faut le conserver, le muséographier pour les générations à venir. Comme l’église musée du vieil arbre, le Panthéon scellera dans le marbre le dernier poilu, pour la mémoire et le lien générationnel. Mais que penser de cette démarche ? L’apothéose controversée de Lazare est-elle un sacrilège quant à ses propres volontés ? Doit-on le laisser mourir en paix, lui, le dernier de la Grande ?

 

Erich Kästners ne peut plus quant à lui répondre à ces questions. Il est mort le 1er janvier dernier dans l’anonymat le plus total, de celui que d’aucun aimerait appliquer à Lazare. Erich Kästners contracte un engagement volontaire d’un an dans l’artillerie en 1917 ; il a alors 18 ans. 90 ans plus tard, il meurt en Allemagne dans l’indifférence générale et l’on n’est même pas sûr dans ce pays qu’Erich fut le dernier poilu allemand.

 

Lazare, ce dernier qui cache la forêt des morts, clôture bien plus que sa génération du feu ; il relègue dans les oubliettes de l’actualité la réitération de l’Histoire que nous vivons aujourd’hui. Combien reste-t-il de soldats de la deuxième guerre mondiale ? Ne sommes-nous pas sans en prendre conscience revenus à la décennie des années 80, laquelle a vu en masse s’éteindre les poilus ? Car les acteurs de la deuxième guerre mondiale, ceux qui ont combattu à la fin de la drôle de guerre comme ceux qui se sont engagés dès 1940 dans l’embryon d’une armée de revanche, étaient des années 20, ils étaient les enfants immédiats de la Grande Guerre. Les derniers témoins de la seule conflagration nucléaire sont aujourd’hui octogénaires et peu d’entre eux prennent la parole dernière. L’urgence n’est pas d’entamer un macabre et malvenu décompte mais bien de recueillir l’ultima verba, la parole tue dans une guerre mondiale plus composite, sinon plus complexe encore que la Grande. La veillée ayant disparu depuis des lustres et le jeu vidéo tué les échanges intergénérationnels, certains, tels Robert Laurain *, ont une démarche « d’écriture orale », d’autres s’érigent en historien-témoin à l’écriture parfois controversée, les derniers font le bilan de leur vie en une autobiographie analytique qui replonge le lecteur dans un passé à la fois nostalgique et interrogatif. Tous ne sont pas uniquement les témoins de l’Histoire, ils SONT l’Histoire. Plus encore que pour la Grande Guerre, dont certains pans restent encore liturgiques, l’Histoire de la deuxième guerre mondiale n’a pas été éclairée et toute une sociologie stratigraphique des Français de 1944-45 reste à illustrer d’exemples. Alors collectons systématiquement, à défaut de publier exhaustivement car l’Historien comme le profane auront besoin de comprendre par la diversité.                                  

* Voir « Matricule 120830 » aux éditions EDHISTO

 

L’édito d’Edhisto d''avril

En forme d''acte de naissance

 EDHISTO, dernière maison d''éditions historiques et patrimoniales créée en Lorraine en 2007

EDHISTO est une maison d’édition œuvrant dans le domaine de l’Histoire et du patrimoine. Son implantation au cœur du Grand Est délimite sa zone d’influence naturelle aux régions de Lorraine et d’Alsace.

Elle développe trois compétences spécifiques en matière d’édition :
- L’édition thématique appliquée à l’Histoire et aux régionalismes.
- La réédition des ouvrages historiques épuisés ou la diffusion des ouvrages de ses partenaires.
- Une agence de documentation générale historique fournissant iconographies, cartographies et bibliographies thématiques.

EDHISTO fonde sa compétence sur une connaissance approfondie de ses domaines d’études, une pratique historienne reconnue de longue date et l’accès aux fonds historiens les plus riches.

L''expérience

A l’origine d’EDHISTO et au cœur de ses activités se trouve une passion, celle de l’Histoire. EDHISTO, spécialiste de l’édition historique et du patrimoine de Mémoire, est d’abord dirigée par des historiens. C’est donc par l’angle critique de la connaissance que sont appréhendés chacun des ouvrages publiés sous l’égide d’EDHISTO. Dès lors, et bénéficiant des savoir faire et d’un accès aux fonds historiques, bibliographiques et iconographiques régionaux les plus riches, elle est à même de présenter et d’enrichir dans le strict respect de l’Histoire les documents qu’elle édite.

EDHISTO a contribué à des ouvrages nationaux tels que le Guide des cimetières militaires en France (1999), à Le Soldat Inconnu. Invention et postérité d''un symbole (2005) ainsi qu’au Guide de Verdun et du front de Lorraine. Les sentiers de la mémoire 1914-1918 (2006).

Ils ont également dirigé la collection « Temps de Guerre » de la Société Philomatique Vosgienne et contribué ainsi à plusieurs parutions régionales de grand renom.

Citons ainsi :
- La Vosgienne. 1917-1918. Une compagnie franche dans la Grande Guerre. Souvenirs du lieutenant-colonel Bon de la Tour. (2000)
- Képis bleus de Lorraine. 1914-1916. Carnets de chasseurs à pied lorrains de la bataille des frontières à l''Artois. (2001)
- Senones, une ville vosgienne sous l''occupation allemande. Journal de guerre de l''abbé André Villemin. 1914-1918. (2002)

- Champ-le-Duc, 5 septembre 1914, un moment crucial de la Libération des Vosges (2006)

et surtout...
- La Chapelotte. 1914-1918. Secteur oublié du front de Lorraine. Entre le Donon et Raon-l’Étape. (2004 - réédition 2007), l''USUEL lorrain.

EDHISTO publie également des documents à usage pédagogique. Citons ainsi le Journal de Guerre d''Herman van Heek, seul journal de guerre allemand publié en 2007 en version bilingue et aussi Matricule 120 830, un exemple de mémoire orale écrite.

Nous vous remercions donc de faire confiance à EDHISTO et vous souhaitons bonne lecture et bonnes recherches...

L'été sera chaud ? désertique, aussi !
 
C’est traditionnel ; il semble qu’on n’y puisse rien faire ; l’été, c’est l’hivernage de l’éditeur ! Nous nous étions demandés si on lisait au printemps (voir l’édito de mars 2010) mais il semble qu’on puisse prolonger la réflexion à l’été. Il faut donc s’y faire et cultiver la torpeur ! Nous y souscrivons donc en vous évitant une lecture trop longue. Bel été à tous et à très bientôt pour la rentrée !
 
 
L’édito d’EDHISTO de juin